Progression · 17 min de lecture · par Alexandre Catimel

Brevet A parachutisme : 12 sauts, et ce qu'il autorise

12 sauts dont 5 en solo, les épreuves, ce que le brevet A autorise — et pourquoi CielOK applique 7 m/s de vent au sol là où la FFP en autorise 11.

À retenir — Le brevet A s'obtient à partir de 12 sauts en chute dont 5 en solo, après validation des capacités en chute et sous voile. Il donne une chose : le droit de sauter seul, sans moniteur accroché, au sein d'une école agréée FFP. Il ne donne pas l'autonomie — jusqu'au BPA, vous sautez en séance encadrée. Côté météo, la FFP fait passer la limite de vent au sol de 7 à 11 m/s une fois le brevet obtenu ; CielOK continue d'afficher 7 m/s à un breveté A. C'est un choix de prudence maison, pas une règle fédérale.

Le brevet A est le moment où vous cessez d'être accompagné en chute. Ce n'est pas le moment où vous devenez autonome : le brevet qui porte ce mot, le BPA, demande 100 sauts — soit 88 de plus, au minimum.

C'est la confusion la plus répandue sur le premier brevet fédéral, et elle mérite d'être levée avant de s'inscrire en stage. Cet article suit ligne à ligne la Directive Technique n° 49 (DT-49), le texte de la Fédération Française de Parachutisme qui définit les brevets, dans son édition modifiée le 27 mars 2026 et applicable au 1er avril 2026.

Le brevet A en deux lignes

La DT-49 décrit les prérogatives du brevet A en deux points, et rien de plus :

« Pratique au sein d'une école de parachutisme agréée par la FFP. »
« Capacités aux sauts individuels sans assistance de moniteurs. »

« Sans assistance de moniteurs » : plus personne ne sort de l'avion avec vous, plus personne ne vous suit en chute, plus personne ne vous guide à la radio pendant votre atterrissage. « Au sein d'une école agréée » : vous ne sautez pas où vous voulez. Tout le reste découle de ces deux lignes.

Ce qu'il faut pour l'obtenir

Le brevet A : 12 sauts en chute minimum dont 5 en solo, les modules Ac capacités en chute et Av capacités sous voile, la révision théorique et le pliage. Il autorise à sauter seul sans moniteur en vol, mais pas à choisir ses conditions de saut ni à encadrer.
Trois validations, une condition de sauts, et une frontière nette entre ce qui s'ouvre et ce qui reste fermé.

Prérequis : la validation du niveau 5 de la progression traditionnelle, ou celle du niveau 4 de la PAC.

  • La progression traditionnelle commence par des sauts en ouverture automatique (OA) — une sangle fixée à l'avion déclenche l'ouverture — avant d'accéder à la chute libre.
  • La PAC, Progression Accompagnée en Chute, commence directement en chute libre, accompagné de moniteurs. C'est la méthode que les anglophones appellent AFF. → Le déroulé réel d'une PAC, ou le comparatif des deux voies si vous n'avez pas encore choisi.

La condition chiffrée tient en une phrase de la DT-49 : « Totaliser au minimum 12 sauts en chute dont au moins 5 en solo. »

Le saut qui valide les capacités en chute se fait de deux manières au choix de l'école : au binoculaire — un moniteur vous observe aux jumelles depuis le sol — ou en suivi en chute par un moniteur.

Trois blocs sont à valider.

Les capacités en chute (Ac)

Ac, pour « capacités en chute ». Objectif fixé par la DT-49 : maîtriser au moins un type de sortie et développer l'aisance en chute. Ce qui est évalué :

  • des 360° à plat dans un sens, puis dans l'autre ;
  • savoir s'orienter en chute à 90° par rapport à l'axe de largage — la ligne que suit l'avion au moment où il vous lâche ;
  • réaliser une flèche — la position de dérive, qui permet de se déplacer horizontalement en chute — en maintenant l'axe pendant 5 secondes ;
  • une sortie en équilibre sur l'air : piqueur, face moteur ou face aile.

Pendant cette phase, deux règles de sécurité s'appliquent : ouverture à 1 200 m minimum (pour les élèves issus de la PAC, la hauteur est abaissée progressivement jusqu'à ce plancher), et présence obligatoire d'un titulaire du brevet C à bord de l'avion.

Les capacités sous voile (Av)

C'est le module qui change le plus de choses au quotidien. Ce qui est évalué :

  • concevoir et proposer son programme, de la sortie d'avion au posé : point de sortie, point d'ouverture, zone d'évolution, point de rendez-vous, prise de terrain, atterrissage ;
  • la découverte du décrochage, des évolutions à 50 % de frein (le virage à plat), des 360° à la commande et des 360° aux élévateurs arrière ;
  • l'atterrissage sans aide sur la zone de posé.

« Sans aide » signifie sans guidage radio : vous décidez seul de votre circuit et de votre prise de terrain. Tant que ce module n'est pas validé, la limite de vent au sol reste 7 m/s — on y revient plus bas.

La révision théorique, le pliage et la fiche signée

La DT-49 ne prévoit ni examen national ni questionnaire fédéral pour le brevet A. Un moniteur de votre école révise puis vérifie vos connaissances sur cinq points : le matériel, la sécurité à bord de l'aéronef et lors du largage, la sécurité sous voile, les incidents et remèdes, et la PDS — la procédure de secours, la séquence à appliquer quand la voilure principale ne se comporte pas comme prévu.

S'y ajoutent un apprentissage supervisé des principes de base du pliage de votre parachute principal et de l'équipement « dans les règles de l'art », puis une information sur le REX, le retour d'expérience — le partage des incidents survenus ailleurs.

Le tout est consigné sur l'annexe 3 de la DT-49, signée, que l'école conserve trois ans.

12 sauts et non 15 : ce qui a changé le 1er avril 2024

Édition de la DT-49Brevet ABrevet B
Édition du 23 février 2023, en vigueur jusqu'au 31 mars 202415 sauts en chute30 sauts
Édition du 29 février 2024, applicable au 1er avril 202412 sauts dont 5 en solo22 sauts

La DT-49 modifiée le 29 février 2024 annonce son objet dès la première page : « Capacités en chute et conditions d'obtention du brevet A », puis « … conditions d'obtention du brevet B ». Ces minima n'ont pas bougé depuis.

Beaucoup de pages publiées avant cette date circulent encore, y compris sur des sites d'écoles. Si vous lisez 15 sauts quelque part, la page n'a pas été mise à jour depuis avril 2024.

Ce que le brevet A autorise vraiment

  • Sauter seul : pas de moniteur accroché, pas de suivi imposé.
  • Concevoir votre saut : point de sortie, point d'ouverture, circuit sous voile, prise de terrain.
  • Vous poser sans radio.
  • 11 m/s de vent au sol au regard de la fédération, contre 7 pendant la formation.
  • Le tout au sein d'une école agréée FFP.

C'est beaucoup : c'est le passage du statut d'élève accompagné à celui de pratiquant. C'est aussi tout.

Ce que le brevet A n'autorise pas

C'est la partie la plus utile, parce que c'est celle dont on parle le moins.

Ce qui reste ferméAccessible à partir de
Ouvrir plus bas que 1 200 m1 000 m au brevet B, 850 m au BPA
Vérifier son propre pliageBrevet B pour les trois étapes clés, sur accord du directeur technique ; module d'auto-vérification (Cav) après le brevet B
Sauter en séance de pratique autonomeBPA
Saut à haute altitude, saut de nuitBPA
Saut d'ULM, de ballon, de parapente, de deltaplane, saut sur l'eau, emports spéciaux (drapeau, fumigène)Brevet C ou D
Brevets de spécialité : B1 précision d'atterrissage et voltige, B2 vol relatif, B3 voile contact, B4 et Bi4 free fly et free style (la chute en position verticale), B5 et Bi5 pilotage sous voileBrevet B

Et surtout, le point que le mot « autonomie » fait mal comprendre : jusqu'au BPA, vous sautez en séance de pratique école. La DT-49 définit ces séances comme allant de la formation qui précède le premier saut « jusqu'à l'autonomie attestée par le brevet fédéral de parachutiste autonome (BPA) ». Elles imposent au minimum deux moniteurs, dont un au sol assurant la fonction de Directeur de Séance au Sol (DSS), et un parachutiste titulaire au minimum du brevet C présent dans l'avion, du niveau 5 traditionnel ou du niveau 4 PAC jusqu'au BPA. Un breveté A saute seul, mais jamais tout seul.

Trois obligations de matériel ne bougent pas non plus : le déclencheur de sécurité sur le parachute de secours, obligatoire et en fonction marche pour tous les pratiquants ; le RSL, la sangle qui relie l'élévateur largué à l'ouverture du secours, obligatoire jusqu'au BPA sauf en voile contact ; le casque normé, obligatoire jusqu'au BPA.

Un mot sur les sauts à plusieurs, puisque la question revient toujours : la prérogative du brevet A porte sur les « sauts individuels », et le brevet de vol relatif (B2) a pour prérequis le brevet B. Entre les deux, la DT-49 ne fixe aucune règle chiffrée — sauter avec quelqu'un relève de l'appréciation de votre école, pas d'un droit attaché au brevet A.

Le vent au sol : 7 m/s avant, 11 m/s après

Ce que dit la DT-49

Dans l'édition en vigueur, la limite de 7 m/s est accrochée au module sous voile, pas à la remise du brevet : « Vent au sol inférieur ou égal à 7 m/s, tant que le Av n'est pas validé. » Au-delà, c'est 11 m/s qui figure dans les règles de sécurité du brevet B, du BPA et de tous les niveaux suivants.

Les éditions antérieures l'écrivaient de façon encore plus directe : « Limite maximale de vent au sol : 7 m/s (avant l'obtention du brevet A) ; 11 m/s (après l'obtention du brevet A). »

Autrement dit : la fédération n'impose pas 7 m/s à un breveté A. Toute page qui l'affirme se trompe.

Deux précisions qui comptent. La DT-49 ne fixe aucun seuil de plafond nuageux ni de visibilité : ces limites-là sont opérationnelles — décidées par l'école et son directeur technique — ou issues des règles de vol à vue. Et 11 m/s est un plafond réglementaire, pas une recommandation : un centre peut fermer le terrain bien avant.

Pourquoi CielOK applique quand même 7 m/s au brevet A

Dans CielOK, le brevet A est scoré avec le profil « élève ». Et ce n'est pas qu'une histoire de vent au sol :

CritèreProfil élève, appliqué au brevet AProfil brevet B
Vent au sol≤ 7 m/s≤ 11 m/s
Rafales≤ 9 m/s≤ 14 m/s
Vent à 1 500 m≤ 15 m/s≤ 18 m/s

Le vent n'est pas le seul critère à bouger d'un profil à l'autre : le plafond, les précipitations, l'instabilité et la couverture nuageuse se déplacent aussi. Le tableau complet des deux profils est dans l'article consacré au brevet B ; la physique de chaque variable, dans notre guide météo parachutisme.

La raison de ce choix tient en trois faits : un breveté A a une douzaine de sauts au compteur, vole une voile école, et saute en séance encadrée. À ce stade, le vent fort se gère moins par la technique que par l'évitement. Notre page méthodologie le dit dans les mêmes termes : « Le Brevet A est volontairement scoré aux seuils élève (7 m/s) — la prudence prime tant que l'autonomie est récente. »

Ce n'est pas une règle fédérale. C'est un réglage par défaut, et nous préférons l'écrire que le laisser croire.

Reprendre la main

Le niveau est un paramètre, pas une sentence. Le niveau par défaut de l'application est le brevet B ; un breveté A qui veut la lecture fédérale sélectionne ce profil brevet B et retrouve les 11 m/s. Le score devient plus permissif — il reste une lecture de la météo, jamais une autorisation de sauter.

Ces seuils sont d'ailleurs des valeurs par défaut, surchargeables centre par centre. La décision finale n'appartient ni au score ni à la DT-49 : elle appartient au directeur technique et au Directeur de Séance au Sol, sur place, le jour même.

Combien ça coûte, combien de temps ça prend

Premier piège : un stage PAC ne vous dépose pas forcément au brevet. Les formules relevées s'arrêtent souvent à 7 ou 8 sauts, quatre ou cinq de moins que les douze exigés. Deux grilles publiques relevées en septembre 2026, à titre d'ordre de grandeur :

CentreFormuleSautsPrix affiché 2026
Atlas Parachutisme — Gap-TallardPAC complète71 399 €
Atlas Parachutisme — Pujaut-AvignonPAC complète71 470 €
Atlas Parachutisme — Le Luc / Saint-TropezPAC complète71 600 €
Catch'Air — PujautStage PAC81 440 € basse saison, 1 470 € haute saison
Catch'Air — PujautPack « PAC 12 sauts, brevet A »121 655 € basse saison, 1 755 € haute saison

Seule la dernière formule va jusqu'au brevet, et son découpage dit de quoi sont faits ces douze sauts : 6 accompagnés, 5 solos, 1 saut de validation avec un moniteur. Partout ailleurs, les sauts qui manquent se paient en plus, à l'unité.

Ordre de grandeur pour aller jusqu'au brevet A : 1 650 à 1 750 € hors licence, sur la seule formule publique relevée qui couvre les douze sauts — un seul centre, donc un repère, pas une moyenne. Vérifiez surtout ce que le prix couvre : la licence fédérale est exclue chez certains centres, incluse chez d'autres. Ces montants sont à confirmer auprès du centre : une grille tarifaire bouge, et les prix publiés en ligne ne sont pas toujours à jour.

Après le brevet, vous payez au saut : très grossièrement 40 à 55 € le largage, matériel école loué compris, avec de fortes variations selon les centres. La grille tarifaire du centre fait foi ; cet ordre de grandeur ne sert qu'à estimer un budget. Le budget complet, frais fédéraux compris, reprend chaque poste.

Le délai, lui, ne dépend pas de vous. À deux ou trois sauts par week-end sautable, les quelques sauts qui restent après la PAC se bouclent en quelques semaines. Le vrai facteur limitant, c'est le nombre de week-ends sautables — c'est-à-dire la météo. → Les fenêtres de la semaine, dropzone par dropzone

Âge, licence, reprise après une coupure

Âge : 15 ans révolus au moment de l'examen médical pour le saut d'aéronef, et pas de limite d'âge supérieure. Les mineurs font l'objet d'un encadrement spécifique, avec un moniteur référent identifié au sein de l'école. Conséquence peu connue : un mineur peut obtenir le brevet A puis le brevet B, mais devra attendre sa majorité pour le BPA.

Licence et certificat médical : la licence FFP est obligatoire et porte l'assurance ; le certificat de non contre-indication, valable un an, conditionne sa délivrance. Les tarifs 2026, ce que l'assurance couvre et le piège de l'annuelle prise en fin de saison sont détaillés dans le budget du parachutisme.

Reprise après une coupure : la DT-49 ne fixe aucun délai de recyclage pour un breveté A. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de règle — chaque école applique son propre briefing de reprise après une longue interruption. Posez la question au centre avant de vous déplacer.

Après le brevet A : la vraie autonomie s'appelle BPA

ÉtapeSauts minimumAutres conditionsHauteur d'ouverture minimale
Brevet A12, dont 5 en soloModules Ac et Av, révision théorique1 200 m
Brevet B22Modules Bc, Bv et Bp (pliage)1 000 m après obtention
Brevets de spécialité B1 à B5Selon le brevet viséBrevet B
BPA100Un brevet de spécialité + être majeur850 m après obtention
Brevet C200BPA + être majeur850 m
Brevet D300BPA850 m

Le plafond de vent au sol, lui, ne bouge plus : 11 m/s du brevet A au brevet D. Ce que chaque étape autorise réellement est détaillé dans le parcours complet, du tandem au brevet D.

Le BPA, brevet de parachutiste autonome, est un brevet à part entière — ni un synonyme du brevet C, ni une formalité intermédiaire. C'est lui qui ouvre les séances de pratique autonome, l'autonomie complète au pliage et au contrôle de son propre pliage, la coordination du largage avec le pilote, et l'ouverture à 850 m. Le mot « autonome » est dans son nom, pas dans celui du brevet A. → Ce que recouvre la pratique autonome

FAQ

Combien de sauts faut-il pour le brevet A ?

Au minimum 12 sauts en chute, dont au moins 5 en solo, en plus de la validation des capacités en chute (Ac), des capacités sous voile (Av) et de la révision théorique. C'est le chiffre de la DT-49 en vigueur ; l'ancien seuil de 15 sauts a disparu au 1er avril 2024.

Le brevet A permet-il de sauter seul n'importe où ?

Non. Il autorise les « sauts individuels sans assistance de moniteurs », mais uniquement « au sein d'une école de parachutisme agréée par la FFP ». Et jusqu'au BPA, la séance reste une séance de pratique école : deux moniteurs au minimum, dont un Directeur de Séance au Sol, et un titulaire du brevet C à bord de l'avion.

Quel vent maximum avec un brevet A ?

11 m/s au sol au regard de la FFP. La limite de 7 m/s s'applique tant que le module sous voile (Av) n'est pas validé. CielOK affiche par défaut 7 m/s à un breveté A par prudence — c'est un choix maison, modifiable dans l'application. Dans tous les cas, le centre peut fermer le terrain plus tôt.

Faut-il être majeur pour passer le brevet A ?

Non : 15 ans révolus au moment de l'examen médical, une autorisation parentale et un encadrement adapté pour les mineurs. Ce sont le BPA, puis le brevet C, qui exigent la majorité.

Combien coûte le brevet A ?

La seule formule publique relevée en septembre 2026 qui couvre les douze sauts affiche 1 655 € en basse saison et 1 755 € en haute saison. Un stage PAC standard s'arrête à 7 ou 8 sauts pour 1 400 à 1 600 €, sauts manquants à payer en plus. Dans les deux cas, ajoutez la licence fédérale quand elle n'est pas comprise — 175 € pour un adulte de 26 ans et plus, 72 € pour un cadet ou un junior. Demandez le détail au centre.

Pour aller plus loin


Vous visez vos douze sauts ? Voir la météo de votre dropzone — score 0-100 heure par heure sur les 45 centres FFP, quatre modèles agrégés, seuils réglés sur votre niveau. Le score vous dit si la journée est jouable ; le centre, lui, garde la décision.

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