Progression · 16 min de lecture · par Alexandre Catimel

Brevet B parachutisme : 22 sauts, 3 modules, 11 m/s

Ce qu'exige le brevet B : 22 sauts en chute, les modules Bc, Bv, Bp. Ce qu'il change à l'ouverture et au vent. Et ce qu'il ne donne pas encore.

À retenir — Le brevet B, c'est 22 sauts en chute au total et trois modules : chute (Bc), sous voile (Bv), pliage (Bp). Il fait descendre la hauteur minimale d'ouverture de 1 200 à 1 000 mètres et ouvre les brevets de spécialité. Il ne relève pas la limite de vent au sol : la fédération l'a déjà portée à 11 m/s à la validation du module sous voile du brevet A. Et il ne fait pas de vous un parachutiste autonome au sens fédéral — ce statut s'appelle le BPA, cent sauts plus loin.

On présente le brevet B comme celui de l'autonomie. La directive fédérale, elle, continue de vous y appeler « élève ».

Entre le minimum du brevet A et celui du brevet B, dix sauts. Sur le papier, un long week-end ; en pratique, le palier où beaucoup d'élèves calent — la saison se termine, le vent s'installe, et le carnet reste bloqué à dix-sept sauts. Voici ce que le texte exige exactement, ce que le brevet change le jour où il est signé, et ce qu'il ne change pas.

Tous les chiffres réglementaires de cet article viennent de la Directive Technique n° 49 de la Fédération Française de Parachutisme (FFP), édition modifiée le 27 mars 2026 et applicable au 1er avril 2026.

Où se situe le brevet B dans la progression

ÉtapeCondition d'accèsCe qu'elle autorise
Brevet A12 sauts en chute dont 5 en solo, capacités en chute et sous voile, révisions théoriquesSauts individuels sans assistance de moniteurs, en école agréée
Brevet Bbrevet A + 22 sauts en chute + modules Bc, Bv, BpOuverture à 1 000 m, accès aux brevets de spécialité, début d'autonomie au pliage
Brevets de spécialité (B1, B2, B3, B4, B5) et intermédiaires (Bi4, Bi5)brevet B, sous réserve du minimum de sauts propre à chacunChoisir une discipline, accéder à la compétition
BPA (brevet de parachutiste autonome)100 sauts + un brevet de spécialité (B1, B2, B3, B4 ou B5) + être majeurL'autonomie fédérale : pliage, coordination du largage, ouverture à 850 m

Trois précisions que les pages commerciales escamotent. Les 22 sauts sont un total cumulé, pas dix sauts à ajouter à votre brevet A : si vous l'avez passé à 14 sauts, il vous en reste huit. Et le chiffre de 30 sauts, que l'on lit partout, est celui de l'édition précédente de la directive, en vigueur jusqu'au 31 mars 2024 — au même titre que les 15 sauts encore annoncés pour le brevet A.

Enfin, le brevet n'est pas un examen fédéral centralisé : il est délivré par l'école agréée, par son directeur technique ou par un moniteur d'État par délégation, et sa date d'attribution doit figurer sur votre carnet de sauts.

Si vous cherchez à situer cette étape dans l'ensemble, le parcours entier — du tandem au brevet D, avec ce que chaque palier autorise — est détaillé dans devenir parachutiste en France.

Les conditions d'obtention : trois modules

Le texte tient en deux lignes : « Validation des modules Bc, Bv, Bp » et « Totaliser au minimum 22 sauts en chute ». Voici ce que recouvre chaque sigle.

Bc — les capacités en chute

Quatre objectifs : maîtriser la dérive (axe, efficacité, notion du temps), savoir évoluer autour des trois axes, savoir sortir face moteur — à 1 500 mètres si c'est possible —, gérer son axe de travail.

Autrement dit : vous cessez de tomber, vous commencez à vous déplacer. La dérive et l'axe de travail sont les deux compétences qui rendent un saut à plusieurs possible sans danger pour les autres — d'où leur place ici, avant tout brevet de discipline. Pendant la formation, l'ouverture reste à 1 200 mètres et un titulaire du brevet C doit être présent à bord.

Bv — les capacités sous voile

Le module le plus dense des trois. L'objectif tient en une phrase : concevoir et réaliser votre programme, de la sortie d'avion au posé — point de sortie, point d'ouverture, zone d'évolution, point de rendez-vous, prise de terrain, atterrissage. Vous le construisez, vous l'annoncez, vous l'exécutez.

S'y ajoutent les notions d'axe de largage, d'axe de travail, d'espacement et d'étagement, la prise en compte de la météo en chute comme sous voile, et un perfectionnement technique : décrochages, virages à plat, 360° à la commande et aux élévateurs arrière, 90° aux élévateurs avant, prise de terrain en S.

Deux sauts doivent être exclusivement dédiés au travail sous voile. Et le critère qui résume tout le module : l'atterrissage se fait dans une zone prédéterminée de 40 × 80 mètres maximum. Au brevet A, on vous demandait d'atterrir sans aide sur la zone de posé. Ici, on vous demande de choisir un rectangle à l'avance et d'y arriver.

Détail qui comptera plus bas : la limite de vent au sol affichée pour ce module est déjà de 11 m/s. Vous vous entraînez au brevet B dans les conditions du brevet B.

Bp — les capacités au pliage

Déceler une voilure emmêlée, détecter un élément détérioré pour le signaler, réaliser correctement les différentes étapes du pliage, connaître les points essentiels de vérification. L'évaluation est un pliage complet sous le contrôle d'un moniteur.

Pas d'épreuve théorique dans le texte

La directive ne liste aucune épreuve théorique parmi les conditions d'obtention du brevet B : seulement Bc, Bv, Bp et les 22 sauts. Le QCM fédéral, lui, apparaît explicitement pour le BPA, le brevet C et le brevet D. Plusieurs écoles vérifient malgré tout les connaissances à ce stade — rien ne le leur interdit, et c'est plutôt bon signe. Demandez à votre centre ce qu'il attend de vous plutôt que de vous fier à une liste trouvée en ligne, celle-ci comprise.

Ce que le brevet B change le jour où il est signé

RègleAvant le brevet BAprès
Hauteur minimale d'ouverture1 200 m1 000 m
Pliagesous contrôle d'un moniteurle directeur technique peut vous accorder la vérification des trois étapes clés de votre voilure école
Brevets accessiblesaucunB1, B2, B3, B4, B5, Bi4, Bi5
Limite de vent au sol11 m/s (depuis la validation du module Av, au brevet A)11 m/s — inchangée

Les 200 mètres gagnés à l'ouverture représentent trois à quatre secondes de chute libre supplémentaires : peu de chose isolément, beaucoup quand on travaille à plusieurs et que chaque séquence se joue à la seconde.

L'accès aux brevets de spécialité est l'autre bascule : vous cessez de suivre un programme imposé pour choisir une discipline.

Ce qu'il ne change pas encore

  • Vous restez en séance de pratique école, au sein d'une école agréée : la pratique autonome est réservée aux titulaires du BPA.
  • Le RSL, cette sangle qui déclenche l'ouverture du secours à la libération de la voile principale, reste obligatoire jusqu'au BPA, sauf en voile contact. Le casque normé aussi.
  • Les sauts spéciaux restent fermés : haute altitude et saut de nuit exigent le BPA ; ULM, deltaplane, ballon, parapente, saut sur l'eau et emports spéciaux exigent le brevet C ou D.
  • Et le texte continue de vous appeler « élève », noir sur blanc, dans les prérogatives du brevet B.

Le brevet B ouvre l'autonomie technique : vous sautez seul, vous construisez votre programme, vous commencez à répondre de votre pliage. L'autonomie au sens fédéral, celle qui a un nom et un tampon, c'est le BPA — cent sauts plus loin.

Vent au sol : ce que dit la FFP, ce que fait CielOK

Comparaison des plafonds de vent au sol : un élève, et un brevet A tant que le module Av n'est pas validé, est limité à 7 mètres par seconde ; à partir du module sous voile validé, la limite passe à 11 mètres par seconde.
Quatre mètres par seconde d'écart, et le nombre de journées sautables dans l'année change du tout au tout.

Vous lirez souvent que le brevet B fait passer la limite de vent au sol de 7 à 11 m/s. Ce n'est pas ce que dit le texte.

La directive écrit, dans les capacités sous voile du brevet A : « Vent au sol inférieur ou égal à 7 m/s tant que le Av n'est pas validé ». Le plafond de 7 m/s tombe donc au cours du brevet A, à la validation du module sous voile — pas au brevet B. Partout ailleurs, du module Bv jusqu'au brevet D en passant par le BPA, la directive affiche la même valeur : 11 m/s, et elle ne va jamais au-delà. Un brevet D ne dispose pas d'une limite de vent au sol plus élevée qu'un brevet B.

Chez CielOK, le brevet A reste pourtant scoré aux seuils élève, à 7 m/s : un choix de prudence assumé, documenté sur notre page méthodologie et expliqué en détail dans l'article consacré au brevet A.

Conséquence directe : chez nous, la bascule de profil se fait au brevet B. C'est aussi le niveau sélectionné par défaut sur le produit.

Les seuils qui bougent quand vous passez au niveau breveté

Le vent au sol est la ligne la plus visible, pas la seule : quand vous passez le sélecteur de niveau d'« Élève / Brevet A » à « Brevet B », presque tous vos seuils se déplacent d'un coup.

CritèreÉlève et brevet ABrevet B
Vent au sol7 m/s11 m/s
Rafale9 m/s14 m/s
Vent à 1 500 m15 m/s18 m/s
Vent à 3 000 m20 m/s25 m/s
Plafond minimum (couche couvrante)1 500 m1 200 m
Précipitations0,05 mm/h0,1 mm/h
Instabilité (CAPE)300 J/kg500 J/kg
Couverture nuageuse basse40 %60 %

La visibilité minimale, elle, ne bouge pas : 5 000 mètres à tous les niveaux, c'est une règle de vol à vue, pas une question d'expérience.

Une honnêteté nécessaire sur ce tableau : seules les deux valeurs de vent au sol (7 et 11 m/s) viennent du règlement fédéral. Les autres sont nos valeurs par défaut, publiées et calibrées, et chaque centre peut les resserrer. Le calcul est détaillé sur la page méthodologie ; la physique de chaque facteur, dans notre guide météo du parachutisme.

Non, le brevet B ne double pas vos journées sautables

C'est la promesse que l'on aimerait faire, et elle ne tient pas.

Ce que le passage de 7 à 11 m/s vous ouvre, ce ne sont pas des journées entières : c'est la bande de vent comprise entre les deux seuils. En journée, sur la plupart des terrains français, le vent au sol est le plus souvent sous les 7 m/s et dépasse rarement 11 : cette bande reste minoritaire. Le gain est donc réel mais très inégalement réparti — considérable sur un terrain exposé, littoral breton ou normand, couloir de la tramontane ; quasi nul dans une vallée abritée.

Nous ne publierons pas de chiffre national là-dessus tant que nous ne l'aurons pas mesuré dropzone par dropzone sur nos propres archives. En attendant, constatez-le vous-même : ouvrez la page de votre dropzone, basculez le sélecteur de niveau entre brevet A et brevet B, comparez les sept prochains jours. Sur certains terrains, rien ne bouge. Sur d'autres, deux journées basculent.

Et la marge d'erreur de la prévision

Un seuil n'est pas un mur, parce qu'une prévision n'est pas une mesure. Sur notre campagne de vérification contre les relevés d'aérodrome, l'erreur absolue moyenne sur le vent au sol s'établit entre 1,0 et 1,2 m/s selon le modèle.

Une prévision à 10,5 m/s peut donc être un vrai 11,6 m/s sur l'anémomètre du terrain. C'est pour cela qu'un score élevé n'est pas un feu vert, et qu'une valeur qui frôle votre limite mérite un coup d'œil au relevé du matin. Sur place, c'est le directeur de saut qui décide.

Après le brevet B : choisir sans se précipiter

Le premier prolongement ne demande aucun minimum de sauts : le module Cav, capacité à l'auto-vérification, prérequis brevet B — vérifier seul son pliage, citer les erreurs courantes et leurs conséquences, réaliser les étapes de contrôle. Le vrai premier pas d'autonomie, et il ne coûte que de l'attention.

Viennent ensuite les brevets de spécialité et intermédiaires, tous ouverts au brevet B sous réserve du minimum de sauts propre à chacun :

  • B1 — précision d'atterrissage et voltige ;
  • B2 — vol relatif, validé à l'issue de 8 sauts de formation spécifiques ; nouveauté de l'édition 2026, le dernier peut être un saut à trois (VR3) réalisé avec un pratiquant titulaire du BPA et du B2 ;
  • B3 — voile contact ;
  • Bi4 puis B4free fly, le vol en positions verticales, par modules : déplacement ventre, déplacement dos, vertical tête en haut, puis les positions plus engagées ;
  • Bi5 puis B5 — pilotage sous voile ; le module 1 du Bi5 demande 50 sauts et s'adresse à ceux qui veulent renforcer pilotage et navigation sans notion de survitesse. C'est le prolongement le plus raisonnable pour un jeune brevet B, et sans doute le plus utile.

Plus loin, les paliers sont sans ambiguïté : BPA à 100 sauts, avec un brevet de spécialité et la majorité ; brevet C, BPA et 200 sauts au total ; brevet D, BPA et 300 sauts au total. C et D partent tous deux du BPA — ce ne sont pas deux marches du même escalier, et le brevet D n'est pas « 500 sauts », ce chiffre-là vient de la licence américaine. Quant à la wingsuit, elle exige le BPA, les modules track du Bi4 et 200 sauts avant même de commencer la formation.

Budget et rythme : ce que coûtent les dix sauts

Aucun délai, aucune durée, aucune condition d'assiduité ne figurent dans la directive entre le brevet A et le brevet B. Ce qui vous en sépare n'est pas un calendrier mais un nombre de sauts — donc un nombre de journées sautables. Personne ne peut honnêtement vous promettre « deux mois ».

Côté budget, des tarifs relevés en septembre 2026 sur les grilles publiques de centres français. Ce sont des repères, pas une moyenne nationale, et ils bougent avec le prix du carburant.

PosteFourchette relevée
Place avion, largage à 4 000 m34 à 39 €
Place avion, largage à 1 500 m28,50 à 34 €
Location d'un parachute école9,50 à 13 € par saut
Carte ou cotisation annuelle du club35 à 50 €
Licence FFP annuelle 202672 € avant 26 ans, 175 € au-delà

Dix sauts au tarif plein représentent donc de l'ordre de 435 à 520 € de places avion et de location. Retenez la structure du calcul plutôt que le total : la plupart des élèves font plus que le minimum avant de valider leurs trois modules, et votre centre est la seule source fiable pour son propre tarif. Les autres postes — licence, certificat médical, cotisation, matériel — sont chiffrés dans le budget du parachutisme en 2026.

Reste le poste que personne ne facture : ce qui vous ralentit entre le brevet A et le brevet B n'est ni votre niveau ni votre budget, c'est le nombre de journées où le terrain ouvre — et chaque week-end passé à faire la route pour rien coûte un plein et une journée.

FAQ

Combien de sauts faut-il pour le brevet B ?

22 sauts en chute au minimum, au total et non en plus du brevet A, plus la validation des modules Bc (chute), Bv (sous voile) et Bp (pliage). Le brevet A s'obtenant à partir de 12 sauts en chute dont 5 en solo, l'écart minimal entre les deux est de dix sauts. Les pages annonçant 30 sauts pour le B et 15 pour le A citent l'édition précédente de la directive, en vigueur jusqu'au 31 mars 2024.

Le brevet B autorise-t-il vraiment à sauter par 11 m/s de vent au sol ?

11 m/s est bien le plafond affiché par la directive pour un breveté — mais c'est une limite à ne pas franchir, pas un droit de sauter. Deux réserves : cette limite est déjà celle du brevet A une fois le module sous voile validé, elle n'est donc pas un acquis du brevet B ; et chaque école peut être plus stricte. Sur le terrain, c'est le directeur de saut qui ouvre ou ferme.

Y a-t-il un examen théorique au brevet B ?

La directive ne liste pas d'épreuve théorique parmi les conditions d'obtention du brevet B — elle impose un QCM fédéral à partir du BPA. De nombreux centres vérifient malgré tout les connaissances à ce stade. Posez la question à votre école : c'est elle qui délivre le brevet.

Le brevet B fait-il de moi un parachutiste autonome ?

Techniquement oui, administrativement non. Vous sautez seul, vous concevez votre programme, vous commencez à répondre de votre pliage. Mais la directive vous maintient en séance de pratique école, impose toujours le RSL et le casque normé, et réserve la pratique autonome aux titulaires du BPA — 100 sauts, un brevet de spécialité, la majorité.

Combien de temps faut-il pour passer du brevet A au brevet B ?

Aucun délai n'est fixé par la réglementation. Le rythme dépend du nombre de journées réellement sautables dans votre région et de la disponibilité de votre centre : à deux ou trois sauts par journée, dix sauts se bouclent en quelques week-ends favorables — ou s'étirent sur une saison entière si le vent s'installe.

Pour aller plus loin


Il vous reste dix sauts à faire. Regardez la météo des sept prochains jours sur les 45 centres FFP, dropzone par dropzone, sélectionnez votre niveau, et ne prenez la voiture que les jours qui le méritent : le score est calculé sur vos seuils, pas sur une moyenne. Il ne remplace pas la décision du directeur de saut — il vous dit s'il vaut la peine d'y aller.

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